Dimanche dernier, j’ai décidé de faire la ballade de deux kilomètres menant au village de Bagshu. On y retrouve une source d’eau « sacrée » qui se déverse dans une piscine où se baignent les hommes indiens, ainsi qu’une chute qui se situe dans un paysage bucolique, peut-on lire dans le guide. Parfait, j’ai besoin de m’éloigner de la horde de touristes et du bruit incessant des klaxons. Je n’ai pas encore appris qu’il n’est pas de mise d’avoir trop d’attentes en Inde. Surtout quand l’attente rime avec tranquillité et solitude…
Une fois sur place, je suis un peu surpris de constater que la piscine n’est ni un bain, ni un étang, mais bien… une piscine! Une meute de jeunes, et certains moins jeunes, indiens sautent à l’eau et s’arrosent comme des enfants. Les autres restent sur les abords et prennent des photos avec leurs téléphones portables ou avec des petits appareils numériques. C’est alors qu’un jeune homme m’aborde. A snap? Can? Dit-il, affichant un large sourire. Hmmmm…. Voilà un bon test pour mon anglais. J’ai beau me creuser la cervelle, je ne trouve mieux que de hausser les épaules et sourire à mon tour. Le type s’essaie de nouveau, mais cette fois il pointe son portable et ajoute un mot à la série. A snap? Can take? C’est beaucoup plus clair. Et puis, je me rappelle que ma chère mère, britannique d’origine, avait – et a toujours -l’habitude d’appeler des photos, des snapshots, ou snaps. Serait-ce que les colonisateurs ont légué de terme obscur aux indigènes? Fier de cette déduction, j’acquiesce volontiers, ne sachant exactement qui doit prendre une photo de qui, mais bon, ça coût rien.
Et c’est parti. On me prend en photo. On me prend en photo avec l’ami. On me prend en photo avec l’autre ami. On me prend en photo avec le groupe, avec les enfants, avec tout le ON me demande aussi de les prendre en photo. À deux, à trois, en groupe, you name it. Je me prête au jeu. Tout le monde s’amuse, on prend des poses, on rit est en vacances!
Yessssssssssssss!!! C’est la fête quoi! Pas tout à fait ce que j’avais en tête comme journée, mais This is India, and I love…. Oui je sais vous avez compris.
Après avoir vidé la bouteille, nous titubons vers la piscine où je laisserai mes amis prendre soin des plus amochés. Le retour sera tout aussi animé, je me suis fait plein d’autres amis, les abordant d’un large sourire, lançant, en pointant vers mon appareil photo : A snap? Can?
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